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Troll

Endémiques de l'essentiel des terres de Tamriel, les trolls (aussi appelés trohls, trǫll, tröllhamr, skrímsli ou þurs) sont des mammifères imposants que l'on retrouve le plus souvent dans les cavernes, sur les chemins de montagne ou au fond des forêts sombres. Ils ressemblent, pour l'essentiel, à des hominidés plus proches du grand singe que de l'humain, et présentent notamment un visage aux traits très marqués : leur mâchoire est anguleuse et proéminente, leur nez est écrasé (bien que leur odorat demeure très largement supérieur à celui de n'importe quel Humain ou Mer) et ils s'appuient sur de larges crocs en rangées. Leurs trois yeux leur permettent de bénéficier d'un champ de vision et d'une perception bien supérieurs à ceux de la plupart des espèces avec lesquelles ils entrent en compétition.

Les trolls se déplacent à la manière de certains grands primates, en s'appuyant sur les poings qui terminent leurs longs bras. Ils marchent ainsi à quatre pattes (bien qu'ils soient capables de courir sur deux jambes sur de courtes distances) et font d'excellents grimpeurs. Acharnés et implacables, ils poursuivent leurs proies sur de longues distances sans jamais s'essouffler. C'est leur puissant facteur régénératif, couplé à leur capacité à transpirer à la manière des humains, qui fait d'eux des chasseurs capables de traquer le gibier à l'épuisement. De ce fait, le troll constitue un prédateur apex régnant au sommet de la chaîne alimentaire locale. Il est une menace pour l'essentiel de la faune — de l'ours au tigre à dents-de-sabre, en passant par le loup, le lynx, l'élan ou l'Homme. À plusieurs (ce qui s'avère rare), les trolls peuvent même défaire un géant, un minotaure ou un ogre.

Il est important de noter qu'il existe plusieurs sous-espèces de trolls. Les plus courants en Cyrodiil sont les trolls des forêts et les trolls des rivières, que l'on rencontre dans les bois ou à proximité des cours d'eau. Leur apparence globale demeure similaire : une fourrure dense, trois yeux, et des membres puissants et étonnamment longs. Ils se déplacent voûtés et apparaissent de ce fait plus petits qu'ils ne le sont réellement. Certains ont la gueule ornée de cornes massives qu'ils utilisent pour empaler une proie ou pour séduire une partenaire lors de duels ritualisés entre mâles. Plus au nord, à Skyrim, on croise essentiellement des trolls polaires dont la fourrure est blanche comme la neige. Ils sont plus grands, plus résilients et plus brutaux que leurs cousins méridionaux. Ces bêtes préfèrent le froid septentrional et les vents puissants en raison de leur lourde couche de graisse, qui rend toute thermorégulation difficile en climat chaud. Ils ont pour parents proches les grahls – une variante à défenses désormais éteinte sur le continent – et les géants de glace qu'affrontait jadis Ysgramor.

La mâchoire puissante et les dents du troll lui permettent de dévorer n'importe quelle partie d'une carcasse : il est capable de broyer les os comme de déchirer les chairs. Au combat, il utilise également ses longues griffes (au nombre de trois par main) pour dépecer un adversaire. Certains individus sont suffisamment intelligents pour employer des rochers, des dalles, des troncs ou des fémurs pour se battre, principalement comme projectiles ou comme massues. Ceux-là sont rares et généralement plus âgés ; leur existence même interroge sur le degré d'intelligence de cette créature, qui apparaît bien plus vicieuse qu'on ne le pense spontanément. Carnivores, charognards occasionnels et cannibales quand la situation l'exige, les trolls sont des bêtes particulièrement inquiétantes. Leur peau épaisse et leur fourrure les protègent de la plupart des entailles superficielles, tandis que leur cœur extrêmement solide leur garantit une endurance hors du commun. Ils semblent parfois guérir presque instantanément de blessures qui auraient dû les tuer, et le sang de troll présente d'ailleurs des vertus alchimiques comme médicinales avérées.

Dans les faits, plusieurs stratégies permettent de venir à bout de ces créatures. Parce que leur sang est propulsé à un rythme très rapide par leur cœur surdéveloppé, ils sont particulièrement sensibles aux hémorragies massives : un chasseur parvenant à trancher la carotide d'un troll le verra s'effondrer bien plus vite que n'importe quel autre adversaire. De même, les toxines et poisons injectés dans leur sang circulent à une vitesse fulgurante. C'est pourquoi les trolls évitent soigneusement de s'attaquer aux givrépeires : bien que physiquement plus puissants, le risque d'envenimement est trop élevé au regard du gain potentiel. Le feu constitue également un atout puissant, en cela qu'il terrorise les trolls comme l'essentiel des animaux sauvages. Une torche ne suffira peut-être pas à les faire fuir, mais un feu de camp, tant du fait de sa chaleur que de l'odeur même de la fumée, constitue la certitude de les garder éloignés.

Enfin, tout porte à croire que les trolls solitaires sont des mâles adultes, tandis que les groupes sont composés de femelles et de jeunes. Pour autant, il est clair que certains chefs de meute sont des individus mâles ayant su s'imposer par la force brute. Le conflit est inhérent à l'espèce, qui règle ses griefs et ses enjeux de territoire par la violence. Les trolls tuent toutefois rarement leurs congénères (sauf en cas de compétition féroce pour des ressources rares). Ils présentent des comportements sociaux complexes et semblent doués d'une intelligence émotionnelle primitive mais réelle.